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LES TAS DE TERRE

Oeuvre proposée pour le réaménagement du collège de Marquette

Des élévations dans le paysage, ou des montagnes ont souvent été des lieux sacrés ou de culte: Uluru chez les Aborigènes d'Australie, le Mont Ararat chez les Chrétiens, le Mont-Fuji chez les Japonais ou plus près de chez nous, les Monts de Flandre, voire les terrils... Elles sont des lieux importants pour notre imaginaire et notre bien-être dans l'espace.

Pour la conception de cette oeuvre deux points ont été importants pour moi : - Profiter de la possibilité de réaliser une oeuvre d'art pour apporter une réelle amélioration au cadre de vie des élèves. Inscrire cette oeuvre dans les occupations habituelles des élèves et dans leurs besoins fondamentaux. - Apporter réflexion et beauté dans la façon de voir l'environnement.

Cette oeuvre se compose donc de deux parties :

1. Une partie dans la cour du collège.

2. Une partie dans le CDI : création de 9 tables-sculptures avec photos. Une façon artistique de réfléchir et de voir l'environnement.

1. Aménagement de plusieurs ensembles de collines dans la cour.

La cour peut être imaginée comme une mer noire avec des îles montagneuses et colorées. Les collines (hauteur environ 50 cm à 140 cm, diamètre 100 cm à 240cm) vont être formées avec les élèves et les enseignants afin de correspondre vraiment aux besoins et envies des élèves. Elles leur permettent par exemple de monter sur la colline (vue du haut), de se cacher, de faire des circuits de billes, de sauter, de s'asseoir, de s'allonger...

Une fois que nous avons trouvé leur formes les collines vont être fixées. Afin de permettre des occupations variées aux élèves, j'ai choisi, d'utiliser pour chaque ilot un matériau de couverture spécifique : - Un revêtement souple en caoutchouc, de couleurs vives (rouge, bleu, jaune...), utilisé souvent pour des terrains de jeu, permettant de sauter, etc... - Un revêtement en céramique ou pâte de verre colorée, couleurs vives, agréable pour s'asseoir, s'appuyer, se mettre autour. - Une colline en briques noires, se réchauffant vite avec les premiers rayons du soleil du printemps. - Une colline en galets de mer, un lieu frais et clair. Pour des éventuels problèmes de sécurité, la partie souple ou dure des collines peut être modifiée. Les différents espaces donneront la possibilité de faire différentes expériences tactiles et motrices, de s'exprimer et de vivre de façon variée selon le temps, les besoins momentanés ou la personnalité de chaque collégien. D'autres collines restent en terre pour être plantées.

Oeuvre participative : l'aménagement de ces collines se fait avec les élèves et les professeurs.

L'oeuvre permet et incite les élèves à intervenir, à exprimer leurs besoins, à les sensibiliser et les rendre responsables de leur environnement. Ce paysage peut s'agrandir à volonté.

2. La deuxième partie de l'oeuvre se trouve à l'intérieur de l'école au CDI.

Elle se compose de 9 tables dont les plateaux sont en verre, avec une photo en-dessous.

Elles évoquent par leur taille des tables d'école, mais se distinguent par leur construction, leur matériau (du beau bois et du verre), et leur poids.

Les photos montrent des montagnes (des vrais montagnes, ou des tas de terre,de cailloux, de pigments..).

Le collégien, l'utilisateur des tables, "vole" au dessus des montagnes, une image plutôt agréable et encourageante. Tout en restant un objet à part, ces tables s'intègrent dans la vie de l'école. Elles servent comme tables de travail et peuvent être composées en formes diverses : en rectangle, en forme de U, dispersées..., elles peuvent être couvertes d'objets, pour être redécouvertes par la suite. Le CDI se trouve au dessus de la cour. Les élèves verront ainsi en même temps le paysage de la cour et les images, qui ont inspirées ce paysage.

Les photos des tables et le paysage de la cour forment un ensemble, perceptible par l'utilisation des couleurs et des formes. De façon consciente ou intuitive les élèves mettent en relation les deux parties de l'oeuvre, ce regard élargit leur perception de l'environnement, et les amène à une vision créative et critique.

Les deux parties, "Les tas de terre" dans la cour et les tables dans le CDI se complètent pour donner aux élèves une expérience artistique, qui cherche une harmonie entre les besoins du corps et de l'esprit. Une expérience artistique à partir de la réalité, vécue par les collégiens, qui les incite à découvrir et vivre cette réalité avec plaisir et imagination. Comme l'expression "se mettre autour d'une table" l'oeuvre cherche à être conviviale, à établir la réflexion et la communication.

Sylvia Hansmann